Une erreur qui peut coûter la vie
Imaginez un patient prenant un médicament quatre fois plus souvent que prescrit. En 2019, un homme de 68 ans a été hospitalisé après avoir confondu QD (une fois par jour) avec QID (quatre fois par jour). Il a pris de la warfarine, un anticoagulant, quatre fois par jour au lieu d'une seule, provoquant une surdose grave. Cette erreur a failli lui coûter la vie. Pourtant, ce scénario tragique n'est pas rare. Dans le monde entier, les abréviations QD et QID restent une source majeure d'erreurs médicamenteuses.
Que signifient QD et QID ?
QD signifie quaque die en latin, soit « une fois par jour ». QID signifie quater in die, soit « quatre fois par jour ». Ces abréviations, issues de la tradition médicale latine, semblent simples. Mais leur similarité visuelle cause des confusions fréquentes. Un médecin peut écrire « 1 comprimé QD », mais un pharmacien ou un patient pourrait mal lire « QD » comme « QID » et administrer le médicament quatre fois par jour.
Un problème mondial
L'Institute for Safe Medication Practices (ISMP) a classé ces abréviations comme « à haut risque » dès 2001. La Joint Commission les a ajoutées à sa liste « Do Not Use » en 2004. Pourtant, 30 % des ordonnances manuscrites utilisent encore ces abréviations. Selon la FDA, environ 5 % des erreurs médicamenteuses signalées proviennent de confusions d'abréviations. Parmi elles, QD vs QID représente une part importante. Une étude de 2018 montre que 12,7 % des professionnels de santé ont mal interprété QD comme QID lors de simulations. Ce taux grimpe à 18,2 % chez les moins de 5 ans d'expérience.
Exemples concrets
En 2022, un patient sur Healthgrades a rapporté avoir pris du métoprolol (un médicament pour l'hypertension) quatre fois par jour au lieu d'une fois. Sa tension est tombée à 80/50, provoquant un étourdissement sévère. Un infirmier a partagé sur Reddit en mars 2023 un cas où un patient a pris de la warfarine quatre fois par jour, atteignant un INR de 12,3 (normalement entre 2 et 3). Il a dû être hospitalisé d'urgence. L'American Geriatrics Society note que 68 % des erreurs QD/QID concernent les personnes âgées de plus de 65 ans, souvent en prise avec plusieurs médicaments.
Comparaison claire entre QD et QID
| Caractéristique | QD | QID |
|---|---|---|
| Signification | une fois par jour | quatre fois par jour |
| Origine | Quaque die (latin) | Quater in die (latin) |
| Risque de confusion | Élevé (peut être lu comme QID) | Élevé (peut être lu comme QD) |
| Recommandation actuelle | Écrire « une fois par jour » | Écrire « quatre fois par jour » |
Comment éviter ces erreurs ?
La solution est simple : éliminer les abréviations. Écrire « une fois par jour » au lieu de QD et « quatre fois par jour » au lieu de QID. Selon l'American Hospital Association, cette mesure a réduit les erreurs de 42 % dans les hôpitaux qui l'ont adoptée. Les systèmes EHR modernes bloquent désormais l'utilisation de ces abréviations. Par exemple, Epic et Cerner ont mis en place des « hard stops » en 2023 qui empêchent l'enregistrement d'ordonnances contenant QD ou QID.
Les pharmacies doivent aussi vérifier verbalement avec chaque patient : « Pouvez-vous me répéter comment vous devez prendre ce médicament ? ». Cette pratique a réduit les erreurs de 67 % selon l'Université du Michigan. Les cliniciens devraient éviter les questions fermées comme « Prenez-vous une fois par jour ? » et privilégier les questions ouvertes. Enfin, les étiquettes de médicaments incluent désormais des pictogrammes clairs pour illustrer la fréquence de prise.
Des progrès récents
L'American Medical Association a mis à jour ses directives en 2023 pour interdire complètement l'usage de QD et QID. La FDA a publié en 2023 une recommandation formelle contre les abréviations latines. Le National Action Alliance for Patient Safety a lancé la « Clear Communication Campaign » en avril 2023, avec un objectif de réduire les erreurs de 90 % d'ici 2026. Une étude de Johns Hopkins a montré que des pictogrammes sur les ordonnances réduisent les confusions QD/QID de 82 %.
Les coûts de ces mesures sont minimes. Écrire « une fois par jour » prend seulement 3 à 5 caractères de plus que « QD ». Selon l'American Society of Health-System Pharmacists, le retour sur investissement est de 8,70 $ pour chaque dollar dépensé en prévention. Cela inclut la réduction des hospitalisations, des soins intensifs et des complications graves.
Pourquoi cela concerne tout le monde
Les erreurs de prescription ne touchent pas seulement les professionnels. Un patient mal informé peut prendre trop de médicament, un pharmacien peut délivrer la mauvaise dose, et un médecin peut écrire une instruction ambiguë. Dans un monde où 6,5 % des événements indésirables liés aux médicaments proviennent d'erreurs d'abréviations (OMS, 2017), chaque acteur a un rôle à jouer. La clarté sauve des vies. Un simple « une fois par jour » écrit en toutes lettres peut éviter une tragédie.
Pourquoi QD et QID sont-ils dangereux ?
QD et QID sont visuellement similaires, ce qui provoque des confusions lors de la lecture d'ordonnances manuscrites. Par exemple, « QD » peut être mal lu comme « QID », entraînant une surdose. L'ISMP a classé ces abréviations comme « à haut risque » en 2001, et la Joint Commission les a interdites en 2004. Pourtant, 31 % des pharmacies communautaires rencontrent encore ces abréviations sur des ordonnances manuscrites.
Quelles sont les conséquences d'une erreur QD/QID ?
Les conséquences peuvent être graves : surdosage, hospitalisation, voire décès. Par exemple, un patient ayant confondu QD et QID avec de la warfarine a atteint un INR de 12,3 (normalement 2-3), nécessitant une transfusion sanguine. L'American Geriatrics Society indique que 68 % des erreurs concernent les personnes âgées, souvent en prise avec plusieurs médicaments. Les coûts annuels liés à ces erreurs s'élèvent à 780 millions de dollars aux États-Unis.
Comment les systèmes EHR aident-ils à prévenir ces erreurs ?
Les systèmes EHR modernes bloquent l'utilisation de QD et QID. Epic et Cerner ont mis en place des « hard stops » en 2023 qui empêchent l'enregistrement d'ordonnances avec ces abréviations. De plus, 87 % des EHR incluent désormais des alertes automatiques pour les doses inhabituelles. Par exemple, si un médecin saisit « QD » pour un médicament habituellement pris quatre fois par jour, le système signale une anomalie.
Les patients peuvent-ils prévenir ces erreurs ?
Oui. Avant de prendre un médicament, demandez à votre pharmacien de vérifier la fréquence : « Pouvez-vous me répéter combien de fois par jour je dois prendre ce comprimé ? ». Si l'ordonnance mentionne « QD » ou « QID », insistez pour obtenir une écriture en toutes lettres. Selon la National Patient Safety Foundation, 63 % des patients ont déjà été incertains sur la fréquence de prise. Poser des questions simples peut éviter des erreurs graves.
Pourquoi les abréviations latines persistent-elles ?
C'est une question de tradition. Historiquement, les médecins utilisaient ces abréviations pour gagner du temps sur les ordonnances manuscrites. Malgré les recommandations officielles, 30 % des prescriptions manuscrites contiennent encore ces abréviations. Les médecins indépendants non connectés aux EHR sont les plus touchés. Cependant, les directives de l'AMA (2023) et les mises à jour des logiciels médicaux (Epic, Cerner) accélèrent leur disparition.
Alexis Suga
février 5 2026
Oh là là, cette confusion entre QD et QID est vraiment dangereuse ! Une fois de plus, on voit que les abréviations latines sont un vrai piège. Il faut écrire « une fois par jour » au lieu de QD, c'est tellement plus clair !